jeudi 2 avril 2009

G-20: la Suisse avale mal le placement sur la liste grise de l'OCDE

G-20: la Suisse avale mal le placement sur la liste grise de l'OCDE, Associated Press, 2 avril 2009

La Suisse a accueilli avec des sentiments mitigés les décisions du G-20. Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz a salué jeudi les mesures de redressement économique, mais le placement de la Suisse sur la liste grise de l'OCDE laisse un goût amer. Lire la suite l'article
Max Hohenberg, porte-parole du gouvernement du Liechtenstein, a affirmé pour sa part que son pays avait déjà fait savoir qu'il acceptera les standards de l'OCDE. "Alors nous prenons cette annonce avec un certain calme", a-t-il souligné. "Pour le Liechtenstein, c'est simplement une question de mise en oeuvre des standards. Nous voulons résoudre cette question une fois pour toutes."

En Suisse, dans une première prise de position, Hans-Rudolf Merz a salué les décisions prises par le G-20 dans la lutte contre la crise financière et économique. Le succès des mesures dépendra du dosage choisi entre régulation et financement ainsi que de la collaboration des nations les plus importantes, selon le communiqué publié par le Département fédéral des finances.

Dans des entretiens à la Télévision suisse, Hans-Rudolf Merz a ensuite réagi au classement de la Suisse sur une liste grise des pays qui ont accepté de nouvelles mesures en matière de lutte contre les délits fiscaux, mais ne les ont pas encore concrétisées. Cette décision est désagréable et critiquable, même si elle était attendue. Cela montre en tout cas que la décision du Conseil fédéral du 13 mars dernier de reprendre les standards de l'OCDE sur l'assistance administrative en matière fiscale était opportune. Le président de la Confédération a cependant précisé que la Suisse entendait continuer à suivre attentivement ce qui se passe à l'étranger.

Il a rappelé qu'un échange automatique d'information n'entrait pas en ligne de compte pour la Suisse. Les pays du G-20 doivent maintenant avoir la patience d'attendre les négociations des conventions de double imposition et une éventuelle votation.

Le ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin a relevé de son côté la forte pression mise par les grands pays. La Suisse entend cependant collaborer dans la sérénité.

La ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf s'est quant à elle déclarée "très surprise et très déçue" de la présence de la Suisse sur la liste grise. Il n'y a pas de raison de pénaliser la Suisse, qui se montre coopérative et a retiré sa réserve sur les standards de l'OCDE en matière de coopération fiscale. Elle a aussi souligné que la Suisse allait beaucoup plus loin que bien des pays dans la lutte contre le blanchiment d'argent. AP

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